Suivez-nous
×
Suivez-nous

Les couleurs du peuple,
la tradition au bout du fil

A la fin du 19ème siècle, il n'y avait pas de tenue particulière pour pratiquer le Taekkyon, les Coréens le pratiquaient avec leurs habits quotidiens. Il faut attendre le 21ème siècle pour qu’une tenue soit mise au point spécialement pour le Taekkyon.

Le kouijoksam

GM SONG Deok-gi portait le kouijoksam (고의적삼) pour pratiquer et enseigner, ses élèves l'ont donc adopté. Aujourd'hui il est encore porté par certaines écoles de Taekkyon et lors de certaines démonstrations pour son cachet "XIXe".

Pourtant, il comporte des points faibles:

  1. Il ne permet pas de distinguer les grades.
  2. fragile, il a tendance à se déchirer même lors de démonstrations.
  3. souvent porté lors des deuils, il véhicule une image plutôt négative.

Pour ces raisons, la Fédération Coréenne de Taekkyon (KTF) a adopté le chollik à partir de 2002.

Le chollik :
du vêtement traditionnel à sa modernisation

A partir de la dynastie Koryo (918-1392) jusqu’à la dynastie Choson, une multitude de couches sociales porte le chollik : d’abord les monarques et les courtisans, puis les fonctionnaires, les militaires et enfin les gens du peuple.

Dans la version moderne mise au point pour le Taekkyon en 2001 par le professeur SO Hwang-ok, spécialiste des vêtements traditionnels et son équipe, les pans qui variaient en longueur selon les époques et les modèles ont été raccourcis pour faciliter les mouvements des jambes lors de la pratique.

Le design du col reprend la forme du costume traditionnel de la dynastie Choson (1392-1910), le chingnyong (직령). Le design du pantalon change aussi : il devient plus large et solide, associé de jambières et de poson, les chaussettes traditionnelles.

Fabriqué en coton épais pour les débutants, le chollik porté par les maîtres utilise une matière plus légère et plus souple proche de la soie, incrustée d'un filigrane. Il laisse apparaître une manche blanche en référence aux archers coréens.

Le chollik et les grades

A la place d'une représentation des grades par la ceinture, le Taekkyon utilise un système d'identification du grade par la couleur de la veste, système utilisé sous Choson, inspiré du système impérial chinois.

Ainsi, pour tous les grades avant le 1er dan, l'élève porte un chollik blanc en coton épais, tenue par une ceinture noire.

Au 1er et 2ème dan, le chollik devient noir à manches blanches et se porte avec une ceinture orange.

Viennent ensuite les chollik portés par les instructeurs qui portent tous une ceinture dorée sauf le 9ème dan pour qui elle est argentée. Le code de couleur utilisé pour différencier les grades atteints dérive directement de celui employé par la hiérarchie militaire de la dynastie Choson. Le chollik est vert foncé pour les 3ème et 4ème dan, puis bleu marine pour les 5ème et 6ème dan et enfin fuchsia pour les 7ème et 8ème dan. Le chollik du 9ème dan est noir.

En compétition

Lors des tournois de Taekkyon, les compétiteurs portent un chollik rouge d'un côté et bleu de l'autre en coton épais, tandis que l'arbitre en porte un jaune au tissu léger, incrusté d’un filigrane.

Ces trois couleurs sont les couleurs du symbole samtaegeuk (삼태극) qui se rapporte aux échanges et inter-connections existant entre le ciel qui représente l'énergie Yang (couleur rouge), la terre pour l’énergie Yin (couleur bleu) et l'être humain (le jaune) dans lequel ces deux énergies circulent et s'équilibrent. L'homme est ainsi le témoin de ce jeu d'échange et d'équilibre entre le ciel et la terre.